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Video clips performed by TRAN QUANG HAI

STEPHANE LAGARDE : Tran Quang Hai, 52 ans, ethnomusicologue, est son propre cobaye pour ses recherches sur la voix. L’empire des sons, Journal LIBERATION 10.10.1996


Portrait

Tran Quang Hai, 52 ans, ethnomusicologue, est son propre cobaye pour ses recherches sur la voix. L’empire des sons.

Par Stéphane LAGARDE

Tout commence par un embouteillage. «Je chantais coincé sur le

périph’ lorsque, tout à coup, en prononçant la lettre L, j’ai entendu un sifflement. J’ai couru à la maison et je me suis enregistré.» Tran Quang Hai ­ Océan illuminant ­ n’a rien d’un illuminé. Pourtant, quand en 1971 il perce le mystère des voix mongoles, ses collègues chercheurs s’étonnent. La technique a de quoi surprendre: elle permet à l’interprète de produire deux sons en même temps à des niveaux différents.

Tran est depuis vingt-six ans son propre sujet de recherche. De concert en colloque, son chant enchante le monde entier. L’an passé, au Tuva, il a obtenu non sans fierté la carte de membre du Khoomei, distinction réservée aux chanteurs de gorge professionnels. «Si vous trouvez quelqu’un qui chante mieux que moi, dites-le, on fera un duo.» Passé maître du chant triphonique, Tran fredonne la Neuvième de Beethoven d’un seul souffle. Debout, le corps tendu, la tête en arrière, tout son être se met à vibrer. Un son échappe, venu de nulle part. C’est l’Hymne à la joie! Les visiteurs n’en reviennent pas: «Ce type est une chorale à lui tout seul!» Deux harmoniques sur une base fondamentale, soit trois voix en une seule gorge. Cela valait bien une médaille.

Dans son petit bureau saturé d’appareils de mesure, Tran ne participe guère au branle-bas qui agite le musée de l’Homme depuis la décision présidentielle de transférer certains objets au Louvre. Juste le temps pour un état des lieux furieux sur le manque de moyens, le manque d’envie d’un musée sans subventions. Les huit mille instruments de la réserve d’ethnomusicologie, recouverts de plastique, le désolent. Il plaisante en imitant le timbre métallique du synthétiseur. C’est lui qui doublait Nono le petit robot dans le dessin animé japonais des années 80. «Je dois mon talent au travail et à mes ancêtres.» Avec un arrière-arrière-grand-père musicien de cour, un grand-père joueur de luth et un père vice-président du Conseil international de musique à l’Unesco, on a la musique dans la peau. Sa fille chante à deux voix depuis l’âge de 5 ans. Auteur de plusieurs disques à la vièle chinoise, à la cithare vietnamienne ou encore à la vina indienne, il compose également pour le cinéma.

Les enregistrements qu’il archive au musée de l’Homme servent de base à sa recherche: «Je préfère le travail de bureau aux grands espaces.» Quand l’émission Envoyé spécial lui propose une semaine de tournage en Mongolie, il refuse. L’aventure est ailleurs. A Paris, par exemple, lorsqu’il expose ses cordes vocales aux rayons X pendant 10 minutes. La science réclame du concret, et la radiographie permet de constater directement les effets de son travail. Le résultat est probant (le Chant des harmoniques, un film plusieurs fois primé), mais pas sans danger. «C’est l’équivalent de 6 000 radios des poumons. Je sacrifie ma vie à mes recherches, heureusement Dieu est là.» Quand Tran chante, il ferme les yeux. Et il chante partout: en voiture, sous la douche, au bureau. Ses collègues admirent ce regard intérieur, «cette force de concentration que n’ont pas les Occidentaux».

Quand on lui parle de sérénité, il sourit. Se rallume une beedie, bredouille deux trois trucs sur les arts martiaux et reparle musique. Avec les années, sa voix est devenue plus grave. Il a commencé baryton, désormais il se consacre à l’étude du chant des moines tibétains. Le «O» de la prière, la fameuse harmonique n$10 qui demande tellement de travail et n’a rien à voir avec le «snobisme» des club de zen pour stressés occidentaux. Il en fait la preuve. Sur le sonographe, Tran voit sa voix, elle oscille entre 35 (très grave) et 2 000 Hz (aigu). Le «O» moyen est de 185 Hz, on est loin de l’harmonie universelle.

Hors du CNRS, le chercheur devient médecin. De gentil docteur Jekyll, il se transforme en un Mister Hyde doux rêveur. Tran veut changer la vie par le chant. Une voix dans tous ses éclats, utilisée jusqu’à l’accouchement sans douleur. A l’écouter, les problèmes conjugaux sont solvables dans l’air. Il conseille le «faux baiser de Rodin» aux couples en péril: les amants enlacés se font face, bouche à bouche. Pendant que l’un chante, l’autre remue les lèvres et produit la mélodie. Il s’amuse: «30% des disputes peuvent être résolus par cette méthode.» Il songe même à repeupler l’Europe.

Mais derrière le côté savant fou se dissimule l’humoriste. Physique d’opérette, ventre rond et grande bouche, il peut jouer Pop Corn avec n’importe quel instrument traditionnel. «Je suis le virtuose de la guimbarde, lance-t-il, fier de son effet. Je fais de la musique comme d’autres de la cuisine, en mélangeant les ingrédients.» Un opéra bouffe revendiqué sérieux. Avec des élèves du bac option musique, il monte un orchestre de 100 cuillères et décroche le titre de professeur au Conservatoire. La cuillère à café comme la louche deviennent de véritables instruments rythmiques et mélodiques. D’ailleurs la mélodie est partout, y compris dans les langues. Il en parle une dizaine, reproduit leurs intonations, parfois sans les comprendre. Car depuis l’en- fance, Tran jalouse les imitateurs. Il les connaît tous, de Le Luron à Leeb, en passant par «ce Canadien formidable qui imite 120 personnes dans son spectacle.» Modeste, il déclare: «Je ne peux pas chanter comme France Gall, mais j’arrive à reproduire les accents de l’opéra de Pékin.» Dans le bruit et la fureur du monde, Tran Quang Hai reprend le chant des autres avec enthousiasme. Son bras bat la mesure, il entonne Marinella de Tino Rossi, suivi d’un jodel des montagnes suisses. Les Voix du monde, une anthologie des expressions vocales à laquelle il a collaboré, sortira fin septembre.

Un vaste chant des possibles reste encore à explorer. Dans son laboratoire, Tran se met à rêver: «Mon prochain but, jusqu’à ma mort, c’est de chanter à quatre voix.» Il a bon espoir. Le petit homme sait que, comme le cygne, on ne meurt pas en chantant.

photo LAURENT MONLAÜ Tran Quang Hai en 6 dates 1944 Naissance à Linh Dông Xa, au Viêt-nam 1968 Intègre le départe-ment ethno-musicologie du musée de l’Homme 1984 Rencontre du chanteur mongol Sundui, qu’il considère comme son maître 1989 Sortie du film le Chant des harmoniques 1995 Président du jury d’un festival de chant au Tuva 1996 Reçoit la médaille de cristal du CNRS.

Stéphane LAGARDE

Tran quang hai & Roger Mason, duet of spoons, Miami, USA, march 16th 2017


Tran quang hai & Roger Mason, duet of spoons, Miami, USA, march 16th 2017

Ajoutée le 29 mai 2017

Tran quang hai & Roger Mason, duet of spoons, Miami, USA, march 16th 2017
Filmed by Nghiêm Phu Lân in Miami, USA

VIETNAM :Variations sur sa musique traditionnelle par Trần Quang Hải avec la participation de Bạch Yến, film réalisé par Bùi Xuân Quang en 2009


VIETNAM :Variations sur sa musique traditionnelle par Trần Quang Hải avec la participation de Bạch Yến, film réalisé par Bùi Xuân Quang en 2009

Ajoutée le 19 déc. 2016

En 2009, Bui Xuan Quang a réalisé pour Paris Vietnam Productions des Variations sur la musique vietnamienne par le musicologue TRAN QUANG HAI avec la voix de BACH YEN
Nguyen Van Dong est à la caméra, Blandine Brière a assuré le son.

HAI parcours d’un musicien vietnamien , 1ère partie Pierre RAVACH , 2005


HAI parcours d’un musicien vietnamien , 1ère partie Pierre RAVACH , 2005

Uploaded on Oct 13, 2016

HAI parcours d’un musicien vietnamien , 1ère partie Pierre RAVACH , 2005
Film video: HAI parcours d’un musicien vietnamien
Realisation : Pierre RAVACH
Production : D’un lieu à l’autre (ASBL), Bruxelles, 2005

K-fé rencontre du jeudi 25 février 2016 , 19h30 – 21h30 : TRAN QUANG HAI, Caféothèque, 50-52 rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris


tran quang hai k-fé rencontre

K-fé rencontre du jeudi 25 février 2016 , 19h30 – 21h30 : TRAN QUANG HAI
Entrée libre

CAFÉOTHÈQUE
50-52 rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris (métro : Saint Paul, Pont Marie)

K-fé organise une Rencontre avec TRAN QUANG HAI , ethnomusicologue et musicien . À découvrir ce personnage exceptionnel.
K-fé tổ chức cuộc gặp gỡ với GS TRẦN QUANG HẢI : cuộc đời, sự nghiệp để biết thêm về nhà nghiên cứu dân tộc nhạc học và nhạc sĩ . TRẦN QUANG HẢI sẽ trả lời những câu hỏi trong buổi tọa đàm này .Xin mời các bạn tới dự

TQH-WORKSHOP-DU-CHANT-DIPHONIQUE

Atelier de chant diphonique / Dạy hát đồng song thanh

tqh vua muỗng 2011

Musicien, joueur de guimbarde, nhạc sĩ đàn môi

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Chercheur / Nghiên cứu sư

Tran Quang Hai 2

musicien traditionnel / nhạc sĩ cổ truyền

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